Un amour sans appel (histoire d'amour homo)

Bonjour à tous et bienvenue sur mon blog.

Ce blog ne raconte en rien ma vie. J'y écris une histoire, celle de Coralie, une jeune fille homosexuelle qui va apprendre à vivre avec sa différence et surtout rencontrer l'amour sur son lieu de stage. Mais je ne vous en dis pas plus... A vous de découvrir leur histoire si vous en avez le courage, et surtout l'envie.

La version sur ce blog est en fait la version légèrement corrigée de celle que je publie en parallèle sur le forum doctissimo dont voici le lien: http://forum.doctissimo.fr/doctissimo/homosexualite-feminine/habituer-appel-amour-sujet_9122_1.htm (pour ceux et celles qui me l'ont demandé). N'ayant pas encore terminé d'écrire cette histoire, il y a souvent de l'attente entre chaque suite et je m'en excuse. Je dois gérer mon temps d'écriture dans un emploi du temps assez chargé alors ne m'en voulez pas ;-)

Bonne lecture.
MBS alias chikenstar



# Posté le mardi 29 juillet 2008 06:25

Modifié le mardi 11 novembre 2008 11:49

Première partie

On était au mois de février, toutes mes amies commençaient à chercher un boulot pour l'été. La plupart se faisaient pistonner par leurs parents. De mon côté, impossible. Mes deux parents travaillant dans l'enseignement je ne pouvais par leur biais trouver un stage dans un cabinet d'avocats. Et malheureusement, ni eux ni moi n'avaient de connaissance dans le milieu. Je pouvais très bien chercher dans n'importe quel autre domaine mais avant de choisir ma spécialisation de master, je pensais que c'était une bonne idée d'avoir une expérience dans le domaine dans lequel je pensais m'orienter, pour voir si cela me plaisait réellement. J'ai donc envoyé de nombreuses lettres dans des cabinets d'avocats pénalistes dans l'espoir d'être prise. Le mois d'avril étant arrivé et n'ayant eu encore aucune réponse positive, je décidais donc à postuler dans les endroits habituels (fast food, boutiques de vêtements...) J'étais vraiment déçue surtout que mes deux amies avaient trouvé des stages dans des cabinets d'affaires. Au mois de mai on m'annonça que j'étais embauchée dans une de ses boutiques de juin à fin septembre. J'allais me faire pas mal d'argent pour l'année suivante ce qui m'aidait à positiver. J'étais consciente que cette rentrée d'argent n'était pas négligeable et que cela me permettrait de me payer mes loyers de ma future année scolaire. Mais juste à la fin de mes examens je découvrais dans ma boite aux lettres un courrier d'un cabinet pour lequel j'avais postulé. Il me fixait un rendez vous pour un entretien deux jours plus tard. Je n'en revenais pas. J'étais toute excitée et à la fois stressée car je ne m'étais pas préparée à cette éventualité. Je n'avais jamais passé d'entretien. Je me posais tout un tas de questions auxquelles je ne trouvais aucune réponse. Mes amies ne pouvaient pas non plus m'aider puisque toutes deux avaient été recrutées par piston. En bref, j'allais devoir me débrouiller toute seule, comme une grande. Je décidais également de n'en parler à personne. J'avais trop peur de ne pas être acceptée et en cas de refus, je préférais garder cet échec pour moi.

Le jour du rendez vous était arrivé ; je m'étais habillée dans un petit tailleur crème élégant ; j'avais noué mes cheveux pour me donner un côté plus sérieuse. C'était aussi un moyen facile de dresser ma tignasse qui ne voulait jamais rester en place. Il fallait toujours, même après brushing, que mes pointes rebiquent pour ma plus grande irritation. Je m'étais entrainer à réponde aux questions bateaux auxquelles je ne pensais pas échapper. Pour le reste, j'improviserais.
Quand je suis arrivée, deux autres étudiants attendaient déjà. Ils étaient tous deux aussi nerveux que moi. On avait plus d'un quart d'heure d'avance. Je décidai de rompre ce silence gênant qui rendait l'atmosphère encore plus pesante qu'elle ne l'était déjà.
« - Vous attendez aussi pour l'entretien ? » question vraiment stupide vu que je connaissais déjà la réponse mais sur le moment je n'ai rien trouvé de mieux pour engager la conversation.
« - Oui me répondit le garçon, et je dois dire que je ne suis pas à l'aise, je me suis vautrer la semaine dernière dans un autre cabinet et j'ai vraiment pas envie que ca se reproduise.
- Au moins toi t'as déjà passé un entretien, pour moi c'est le premier
- Pour moi c'est tout comme me rétorqua-t-il. »
Nous continuions de discuter tous les deux sans que l'autre étudiante ne prenne part à la conversation. Elle était vraiment très jolie avec ses petits yeux noisette et ses longs cheveux châtains. Je me tournai donc vers elle et lui demandai
« - Comment tu t'appelles ?
- Euh c'est à moi que tu demandes ca ? me questionna t'elle
- Ben oui, lui je sais déjà qu'il s'appelle Gabriel et vu qu'il n'y a personne d'autre ici à part nous, je crois bien que ma question s'adresse à toi. »
Mais que m'avait il pris de lui parler comme ca? La pauvre, elle était complètement ailleurs. Elle s'est peut-être sentie agressée. En tout cas, ca fit Gabriel.
On nous a interrompu avant même que j'obtienne ma réponse.
Un homme qui s'est présenté sous le nom de Me Albert est venu nous chercher. A ma grande surprise il nous a reçu tous les trois dans son bureau. Avec Gabriel et l'autre étudiante on s'est regardé, incrédules.
L'avocat ayant perçu notre étonnement nous expliqua donc directement la raison à notre présence à tout trois ici.
Chacun de nous devait préciser en quoi il serait le plus à même de travailler pour le cabinet que ses concurrents mais aussi de critiquer ces derniers et de démontrer en quoi ils ne pouvaient être de meilleurs candidats que nous.
Gabriel a commencé sans que personne ne lui demande rien. Ca m'a agacé. J'aurais moi aussi voulu montrer que j'avais du cran mais je n'ai pas osé. Il marquait un point et cela ne faisait qu'accroître mon stress. Une fois qu'il eu fini son baratin, dont j'avais zappé la moitié, je me lançais. Je le critiquais en disant que du peu que je le connaissais il me semblait un tantinet impulsif, du moins, pas assez réfléchi, à foncer tête baissée. Il fit une moue qui me fit comprendre que j'abusais mais que d'un autre côté c'était les règles du jeu et donc qu'il ne m'en voulait pas. Quant à fille, je la présentais comme quelqu'un de timide et réservé, ce qui allait à l'encontre des qualités nécessaires à la profession d'avocat. Entendant mon argumentation, elle baissa les yeux ce qui confirma d'avantage mes propos. Cela ne m'empêcha pas de culpabiliser pour autant. Je croyais bien l'avoir blessée. Mais bon, il n'y avait qu'une place pour le poste et je la voulais.
Quand est venu son tour, elle ne s'est pas éternisée. Elle a énuméré certaines de ces qualités qui feraient d'elle une bonne recrue pour le poste mais n'a émis aucune critique sur Gabriel et moi-même. L'avocat avait l'air satisfait de notre entretien et nous fit prendre congé peu de temps après.
A peine sorti Gabriel nous proposa d'aller boire un café pour décompresser. L'idée me sembla originale mais je l'acceptais quand même. J'espérais que notre charmante concurrente ferait de même et mon espoir ne fut pas vain.
On se posa dans un café tout proche.
« - Alors, c'est quoi ton prénom ? lui lança Gabriel
- Mélodie
- Et vous l'avez senti comment cet entretien? enchaina Gabriel
- Je ne sais pas, répondit Mélodie. Par rapport à vous je pense que je n'ai aucune chance ajouta t'elle.
- Et toi ? me demanda t'elle, d'ailleurs je ne sais toujours pas comment tu t'appelles.
- Je m'appelle Coralie et de mon côté je pense que Gabriel a fait preuve d'une grande capacité d'orateur qui a beaucoup séduit le crouton.
- Oh t'es dure! ironisa Gabriel. Il devait pas avoir plus de 60 ans le papi. »
Pour la première fois Mélodie sourit. Elle avait un très joli sourire d'ailleurs. J'avais bien l'impression qu'il ne laissait pas indifférent le jeune homme présent à la table. Mélodie du s'en apercevoir puisqu'elle devint tout à coup toute rouge. Toute gênée qu'elle était, elle prétexta une envie pressante et s'enfuit rapidement vers les toilettes.
« - Elle est mignonne cette petite s'exclama Gabriel
- Elle doit avoir ton âge, c'est pas une petite lui rétorquai je.
- Oh, t'as bien compris ce que je voulais dire.
- C'est vrai qu'elle a l'air frêle et toute douce.
- Ouais et ca me plait bien ajouta t'il avec un sourire de séducteur qui pense avoir repéré une proie
- Change de tête sinon tu vas lui faire peur. Tu t'y crois trop mon gars.
- T'es jalouse parce que j'ai lancé mon dévolu sur elle et pas sur toi plaisanta t'il.
- Comment as-tu deviné ? répliquai-je sur le même ton de plaisanterie.
Cela nous fit rire tous les deux.
- Non mais sérieusement, si c'est toi qui obtiens la place au cabinet peut être qu'elle t'en voudra et là je crois que ce sera complètement mort pour toi.
- Ou peut être que tu te trompes et que voyant que j'ai été pris elle me trouvera d'autant plus craquant. Elle pensera que je suis un mec qui réussit, un mec qui sait ce qu'il veut et qui y arrive.
- Comment tu te la pètes toi! j'hallucine! »
Ca le fit rire. Le courant passait bien entre lui et moi. J'en oubliais même que une heure auparavant on était des rivaux qui devions se casser mutuellement pour obtenir un stage.
Gabriel n'eut pas le temps de se défendre car Mélodie était revenue.
On papota encore une petite heure avant de se séparer.
Je rentrai chez moi le c½ur beaucoup plus léger que lorsque j'avais quitté mon studio en début d'après midi. Je ne pensais pas être retenue pour le job mais j'avais quand même passé une bonne journée et puis cela me faisait toujours une expérience. D'ailleurs j'estimais m'être bien défendue.

Deux jours plus tard je reçu un coup de téléphone du cabinet. Je ne m'attendais pas à une réponse si rapide. Enfin, cela me paraissait quand même logique puisque l'entretien s'était déroulé fin mai et que le stage devait commencer le premier lundi de juin. La dame que j'eue au téléphone m'annonça une excellente nouvelle : j'avais été choisie pour effectuer mon stage chez eux. Waouh, je n'en revenais pas. J'étais toute folle. Après avoir raccrochée je sautais dans tous les sens dans mon appartement. Je repensais encore à mon entretien en me disant qu'effectivement je n'avais pas été si mauvaise que ça. Pendant quelques minutes je crois bien que mes chevilles ont enflé mais je me suis rapidement ressaisie. J'avais eu de la chance, c'est tout. Je repensais à Gabriel et Mélodie avec un peu de tristesse à leur égard. Eux aussi auraient mérité ce stage. Mais bon, je n'allais quand même pas me plaindre.
Une fois redescendue sur terre je me heurtais à un dilemme des moins évidement auquel je venais juste de penser. Deux choix s'offraient à moi, d'une part un travail rémunéré pendant quatre mois qui me permettrait de subvenir à mes besoins durant toute l'année scolaire sans avoir à trop demander à mes parents et d'autre part un stage très intéressant, LE stage dont j'avais rêvé mais malheureusement non rémunéré.
Ne pouvant trancher je me décidais à appeler ma mère, toujours de bon conseil. Elle était vraiment fière de moi en apprenant que j'avais été choisi pour ce stage dans un grand cabinet d'avocats. Elle me dit que je n'avais d'autre choix que de l'accepter, que ce serait une bêtise de ne pas le faire et que s'il était question d'argent elle et papa serait toujours là pour moi. Ca m'a trop touché. J'ai vraiment des parents formidables.
Dès le lendemain je me rendis au cabinet pour récupérer ma convention de stage à faire signer par ma fac. Le secrétaire étant absente je me permis de frapper à la porte d'un bureau entre ouvert dans l'aile droite du bâtiment.
« - Entre, marmonna une voix provenant de l'intérieur
Je poussai la porte et observai une femme penchée sur un énorme dossier entrain de le lire attentivement.
- Excusez moi mais...
- Oh, pardon m'interrompis t'elle en se redressant précipitament, je croyais qu'il s'agissait d'un de mes collègues.
- Ce n'est rien, il n'y a aucun problème
- Vous désirez ?
- Euh en fait je voulais voir la secrétaire mais comme elle n'était pas là je me suis permise de frapper au premier bureau ouvert.
- Vous avez bien fait. En quoi puis-je vous aidez ?
- En fait je vais faire un stage ici cet été et je voudrais retirer ma convention de stage. Sauriez-vous où je dois m'adresser ?
- Attendez, je vais aller demander à un de mes collègues du bureau d'à côté, j'en ai pour une minute. »
Elle se leva et je pu ainsi remarquer sa silhouette élancée mise en avant par un tailleur noir d'une grande classe. Elle avait de grands yeux d'un bleu insolent et des cheveux ondulés qui tombaient sur ses épaules. Sa beauté était troublante. Je crois vraiment que j'allais apprécier ce stage dans sa globalité!
Elle revint cinq minutes plus tard avec ma convention à la main
« - Comme ca s'est fait me lança t'elle d'un ton aimable.
- Merci beaucoup, je crois que je me suis adressée au bon bureau ajoutai-je avec un grand sourire que je regrettai dans la seconde qui suivi »
Je me sentais vraiment bête. Dès que je parle à une très jolie fille que je ne connais pas, je sors toujours de vielles phrases pas drôles. Elle sourit quand même et je suspectais qu'il s'agissait plus d'une marque de politesse qu'autre chose.
Je rentrai chez moi en tentant d'oublier cet incident et en espérant aussi qu'elle en fasse de même.
Le soir je me concoctais une soirée tout ce qu'il y a de plus reposant. Un bon bain, un plateau télé et la lecture d'un bon livre sur lequel je m'endormis vers 2h du matin. Mon week-end fut à l'image de mon vendredi soir. Voulant être en forme pour mon premier jour de stage le lundi, je déclinai toutes les invitations de sorties.

Lundi matin arriva très vite, trop vite. Je m'habillais pareil que le jour de l'entretien. J'avais été trop stupide pour penser à acheter des tailleurs durant le week-end et je n'en avais pas d'autres dans ma garde robe. Pour aller à la fac, je portais le plus souvent des jeans avec des baskets ou des ballerines mais certainement pas de tailleurs. Pour aujourd'hui ca irait mais ce soir je devrais impérativement faire du shopping.
J'arrivais à 8h45 dans le hall pour 9h. C'est là que Me Albert devait me retrouver pour me faire la visite des lieux. Quelle ne fut pas ma surprise en voyant débarquer deux minutes après Gabriel suivi peu de temps après par Mélodie.
« - Qu'est ce vous faites là ? leur demandai-je surprise.
- Pareil pour toi me répliqua Gabriel
- On m'a appelé pour me dire que j'étais prise pour le stage
- Moi aussi, lancèrent t'ils d'une même voix »
Me Albert avait du entendre notre conversation et s'en amusait. Il nous interrompit tout sourire et nous convia à lui suivre dans son bureau
« - Alors les jeunes, surpris ? lança-t-il les yeux malicieux comme s'il était le détenteur d'un grand secret prêt à révéler à une bande de curieux
Il enchaina
- Je suis sur que vous vous demandez pourquoi vous êtes tous là ce matin.
On se regardait tous les trois en acquiesçant.
- Lors de l'entretien je vous ai tous trois trouvé bon. Vous aviez tous un petit quelque chose qui m'a fait penser qu'ensemble vous pourriez faire un bon travail. Et puis, pourquoi se limiter quand on peut profiter de main d'½uvre gratuite ? plaisanta t'il. »
Cela nous fit rire mais un peu jaune, je dois l'avouer. Mais il ajouta que si nous effectuions un bon travail nous recevrons une indemnité de stage. Ca c'était une bonne nouvelle.
Nous passâmes la matinée à visiter les locaux et Me Albert nous précisa l'objet de notre stage et le type de missions qui pourraient nous être confiée. Dans les couloirs nous croisâmes l'avocate qui m'avait rendu service le vendredi précédant.
« - Bonjour Clarence, s'exclama notre guide
- Bonjour Jean lui répondit elle poliment »
Clarence, je trouvais ce prénom magnifique. Ou bien était-ce la femme qui le portait qui était magnifique. Je me surpris à baisser les yeux lorsque son regard croisa le mien.
Gabriel me susurra à l'oreille « Ah, voilà qui donne de la motivation pour devenir avocat ! Si c'est pour bosser avec des bombes comme celle là !!! » et dans ma tête je pensais qu'il n'avait pas tord du tout. Cette femme me troublait, il fallait que je me ressaisisse.

Avant le déjeuner notre recruteur nous présenta l'homme qui serait notre référent durant le stage, Me Castel. C'était un bel homme d'une petite trentaine d'année. Il avait fier allure dans son costard Armani. Il voulait impressionner, ca se sentait. Je crois bien qu'il nous intimidait tous les trois. Il ressemblait un peu à Ken. Ce n'est certainement pas lui que j'aurais cité comme exemple si j'avais eu à défendre les avocats contre leur réputation de personnes imbues d'elle-même. C'était même le contraire. Il ne cherchait en rien à détendre l'atmosphère. Je détestais le ton qu'il prenait pour s'adresser à nous, à la fois méprisant et supérieur.
L'heure du déjeuner arrivant, il nous dirigea vers la cantine. Il nous quitta avant même d'être arrivé, pour rejoindre certains de ces collègues. Nous disposions de 45 minutes pour nous reposer avant de commencer le travail.
La salle de restaurant était très vaste. Elle était commune à d'autres cabinets d'avocats ainsi qu'au personnel de d'autres entreprises. Nous n'avons pas mis longtemps à trouver une place et par chance elle se situait dans un petit coin isolé qui nous permettrait de converser librement sans peur d'être entendu par qui que ce soit.
« - Il m'a l'air antipathique notre référent chuchota Gabriel
- Il me fait presque peur ajoutai-je. Vous ne trouvez pas qu'il se la raconte ?
- C'est clair acquiesça Gabriel.
- Moi je le trouve mignon rétorqua Mélodie.
- C'est ce style de mec?! qui te plait lança Gabriel consterné et un peu dégouté à la fois. C'est trop le genre de mec qui croit pouvoir tout se permettre parce qu'il est pas mal et qu'en plus il est avocat. Ah les filles, vous me décevez !
- Je n'ai rien dit moi, ne nous met pas dans le même panier s'il te plait.
- Ah parce que tu vas me dire que tu ne le trouve pas beau gosse ?
- Ben toi aussi t'as dit que tu le trouvais pas mal. Et puis tu peux trouver quelqu'un beau et ne pas l'apprécier pour autant.
- T'as raison. Mais toi Mélo, qu'est ce que tu lui trouves sérieusement.
- Ca y'est tu joues les intimes m'amusai-je.
Il se mit à rougir mais pour ne pas perdre la face il lança en plaisantant
- Ouais c'est ca, et même en plus je suis jaloux. »
On a rit tous les trois de bon c½ur et on a finit notre repas dans une ambiance détendue.
Au moment de rejoindre notre maître de stage on se demandait ce qu'il pourrait bien exiger de nous durant l'après midi.
On fut fixé peu de temps après.
« - Vous voyez ces dossiers là commença t'il en nous présentant une salle dont les armoires étaient pleines à craquer, vous allez commencer à ôter de chacun d'eux tous les papiers qui sont en plusieurs exemplaires. Une fois que vous aurez terminé pour me les classerez par année et enfin à l'intérieur de chaque année, par ordre alphabétique. N'oubliez surtout pas de coller des étiquettes sur chacun d'eux pour qu'on s'y retrouve. C'est compris ?
- Je pense oui répondit Gabriel.
- Sur ce, je vous laisse, j'ai beaucoup de travail qui m'attend »
Il nous laissa seuls dans cette pièce qui devait servir de débarras pour les dossiers dont les affaires devaient être résolues.
« - Il se moque vraiment de nous s'énerva Gabriel
- C'est clair, on nous avait pas parlé de faire du tri.
- Oh arrêtez de vous plaindre tous les deux! nous coupa Mélodie, vous ne pouvez pas juste être content d'avoir obtenu ce stage. Certains rêveraient d'être à notre place. »
Elle n'avait pas tord mais j'estimais quand même qu'on m'avait trompée sur la marchandise.
- Oui mais moi j'ai refusé un boulot rémunéré pour ce stage alors que de l'argent, j'en ai vraiment besoin pour subvenir à mes besoins durant l'année répliquai-je.
- Pareil pour moi précisa Gabriel. Tout le monde n'a pas la chance d'avoir papa maman derrière pour satisfaire tous ses caprices de petite bourgeoise. »
L'ambiance était électrique. D'habitude Mélodie ne se défendait ni contre mes pics ni contre ceux de Gabriel. Mais suite à la réflexion de Gabriel elle ne pu s'empêcher de réagir.
« - Tu ne sais pas de quoi tu parles. Qui te dit que je suis une petite bourgeoise qui a tout ce qu'elle veut ? »
Gabriel ne su que répondre, d'ailleurs même s'il avait voulu elle ne lui en laissa pas l'occasion. Elle reprit aussitôt :
« - Je trouve ca triste de vous entendre geindre alors qu'on vient juste d'arriver dans le cabinet. C'est le premier jour et en plus nous n'avons qu'une licence de droit. Vous ne croyez quand même pas qu'on va nous demander de rédiger les plaidoiries?!
- Ok, ok tu as raison, j'arrête de me plaindre dis-je un peu gênée »
Gabriel ne dit rien mais Mélodie et moi comprîmes que lui aussi allait cesser de se plaindre. Durant les deux heures qui suivirent on ne se parla que très peu. Chacun triait les dossiers qu'on s'était préalablement réparti. C'était une tâche sans intérêt mais au moins on était sûr de bien faire. Et la dernière chose dont j'avais envie c'était que notre référent nous fasse remarquer qu'on était incompétents même pas capable de bien classer des dossiers.
A 15h30 on s'accorda une pause bien méritée à la machine à café. J'avais mal au dos à force d'avoir porter les cartons plein de dossiers. Je m'affalai donc sur un fauteuil situé dans l'espace détente à l'angle de deux couloirs. On entendit notre tuteur arriver. Avec Gabriel et Mélodie on se demandait si on devait retourner travailler avant qu'il ne nous voit ou si on pouvait nous permettre de rester là tranquillement. On opta pour la première solution mais avant même qu'on ait pu se lever il nous interrompit.
« - Alors les jeunes, on n'assume pas de prendre une pause et on veut me faire croire qu'on travail comme des forcenés ? »
On se regardait tous les trois ne sachant que dire. J'étais d'autant plus gênée qu'il était accompagné d'une femme extrêmement troublante, Clarence. Mais que pouvait donc t'elle bien faire avec ce prétentieux. Bon c'est vrai, ils étaient collègues et c'était normal qu'ils se fréquentent.
« - Allé, vous pouvez rester là encore quelques minutes. Par contre vous finirez à 17h15 au lieu de 17h
Voyant nos regards surpris et scandalisés il nous lança :
- Je vous ai fait peur ? Vous ne m'avez quand même pas cru ?
Il rigolait tout seul. Comment aurions nous pu savoir que Monsieur faisait une blague.
J'imaginais qu'il avait fait cela pour impressionner Clarence. Je le trouvais pitoyable.
Elle n'avait pas l'air très réceptif à ce genre d'humour. Il s'en rendit compte et cessa immédiatement de rire.
Je la trouvais vraiment ravissante. Elle portait un pantalon de tailleur noir et un joli haut bleu qui mettait en valeur ses yeux. Je ne pouvais m'empêcher de l'observer. Je crois bien qu'elle s'en rendit compte et elle me sourit. Un sourire qui respirait la délicatesse et la gentillesse. Je sentais des fourmillements dans mes mains.
Pourquoi cela m'arrivait à moi ? Pourquoi pendant mon stage ? Et surtout, comment je pouvais craquer pour une femme alors que j'étais persuadé qu'elle était hétéro?
C'était la première fois que ca m'arrivait. D'habitude je ne jetais mon dévolu que sur des filles dont j'étais sure qu'elles étaient aussi attirées par des filles. C'était une manière de me protéger. Et pour le moment ca avait bien fonctionné, même presque trop bien puisque je n'étais encore jamais tombée amoureuse. J'avais eu quelques flirts mais rien de bien sérieux. Jusqu'alors ma raison avait toujours pris le dessus sur mon c½ur et cela m'avais empêché de souffrir.
Mais aujourd'hui c'était différent. Je ne parvenais plus à me contrôler. Je ne saurais expliquer ce changement. Je peux juste affirmer qu'il ne me laissait pas du tout indifférente et me perturbait grandement.
Je pris le bras de Gabriel en le tirant vers notre salle afin qu'on reprenne notre travail.
« - T'es vraiment pressée de reprendre? plaisanta t'il
- Non mais j'en avais marre de voir ce pauvre type
- Ouais mais bon, de là à nous sucrer un bout de pause faut pas déconner.
- Je suis désolée
- Pas grave, moi aussi il m'insupporte Me Brice Castel »
Durant l'heure qui nous restait on se reparla comme s'il n'y avait jamais eu aucune tension entre nous trois. Mélodie et Gabriel n'arrêtaient pas de se chercher. Il évoquait les formes généreuses de Clarence qui ne le laissait pas indifférent et elle ne cessait de répéter que Brice était vraiment un beau gosse et qu'il lui plaisait beaucoup. C'est qu'elle se lâchait bien notre petite Mélodie comme disait Gabriel. Elle cachait bien son jeu au début.
Cela ne faisait qu'une journée qu'on travaillait ensemble mais j'avais l'impression que cela faisait très longtemps qu'on se connaissait. C'était très agréable et je me disais que j'allais sûrement passé un très bon stage grâce à eux, et certainement pas grâce aux tâches enrichissantes que l'on nous confierait.

# Posté le mardi 29 juillet 2008 06:26

Modifié le vendredi 22 août 2008 02:58

la suite...

La journée était enfin terminée ; j'étais fatiguée mais je ne pouvais rentrer chez moi directement. Je devais aller m'acheter des vêtements pour mon stage. Après cette journée je me disais que cela ne servait à rien. Porter des tailleurs pour ranger des dossiers dans une petite salle et en n'ayant aucun contact avec la clientèle: aucun intérêt. J'étais pourtant obligée, je n'avais pas envie de jouer aux rebelles. Je voulais surtout me faire bien voir.
Je suis revenue chez moi bien chargée. Ce stage me coutait bien cher, c'était vraiment le monde à l'envers.
Je n'avais pas du tout envie de faire la cuisine alors j'ai grignoté des cochonneries devant la télé. Vers 22h30 je suis partie me coucher. Malgré la fatigue je n'ai pas trouvé le sommeil. Des images de Clarence défilaient dans ma tête. Elle m'avait sourit à plusieurs reprises durant la journée et ces sourires restaient gravés dans ma tête. Je m'imaginais qu'une aventure entre nous était possible. Puis je me suis reprise. C'était totalement impossible, il fallait que j'arrête de me faire des films. Je la trouvais belle, point. Je me suis endormie d'épuisement vers deux heure. 7h, le réveil sonna. Je pris ma douche et enfilai un des ensembles que j'avais acheté la veille. Je me trouvais élégante, je me sentais bien ; cela me donna le moral. Ma nuit avait été courte mais j'avais tout de même la pêche. Je m'interdisais de penser à la belle avocate.
Je croisai Gabriel à l'entrée du bâtiment. Il m'avait l'air crevé
« - Salut Gabriel
- Salut Coralie, ca va ?
- Ca va ouais mais toi tu tires un de ces têtes ! qu'est ce que t'as fait hier soir ?
- euh... en fait...
- Allé, balance, je veux tout savoir
- Ben j'ai chatter jusqu'à 4h sur msn
- Je parie que c'est avec une fille.
- Et oui, on peut rien te cacher.
- Elle doit vraiment être bien pour que tu sois resté discuter avec elle si tard.
- Tu fais pas si bien dire.
- Dis m'en plus s'il te plait.
- Tu veux savoir quoi ?
- Ben, tu crois que tu lui plais ? Tu penses pouvoir conclure ?
- T'es bien curieuse toi
- Je sais, et j'assume, lui répondis-je amusée.
Ca le fit sourire.
- Ben écoute, je ne sais pas si je lui plais mais en tout cas je n'ai pas conversé tout seul jusqu'à 4h. Elle aussi avait envie de discuter avec moi apparemment. T'en penses quoi toi d'ailleurs ?
- Elle doit être intéressée. »
A ce moment là Mélodie arriva. Elle avait une petite mine. Elle et Gabriel se sont sourit, gênés, et j'ai compris. Gabriel l'a remarqué ce qui n'a fit qu'accroître sa gêne.
On s'est rendu dans notre salle et on a continué de trier nos dossiers. Mes deux camarades ne cessaient de se taquiner.
Puis Brice est venu voir où on en était. Dès qu'il est parti Mélodie n'a pu se retenir de dire à quel point elle le trouvait beau. Gabriel paraissait jaloux. Il se remit alors à parler de Clarence. Moi qui essayait de ne plus penser à elle...
Je ressentais vraiment quelque chose de particulier, une sensation encore inconnue auparavant. Ca ne pouvait cependant pas être de l'amour; je ne croyais pas au coup de foudre. Il n'empêche que ce que j'éprouvais me faisait peur. De plus, je ne pouvais en parler à personne puisqu'aucun membre de ma famille ni même un de mes amis n'était au courant de mon homosexualité. Pourtant l'envie de raconter ce que je ressentais me démangeait.

Midi est arrivé, la matinée m'avait semblé extrêmement longue. On a mangé rapidement pour ensuite aller boire un verre au café du coin. La pause déjeuner durait une heure, cela nous laissait suffisamment de temps. Arrivés au café Mélodie reçu un appel et parti dans la rue afin de discuter librement sans nous déranger. Je me suis retrouvée seule avec Gabriel. Je voyais qu'il commençait à se sentir mal à l'aise. Je crois qu'il avait peur que je reparle de ce qui s'était passé en début de matinée. Sa crainte était d'ailleurs fondée, le pauvre. Et oui je suis très curieuse.
« - Alors la fille de msn c'est Mélodie ?
Il baissa la tête
- Fais pas ton timide, ca ne te ressemble pas.
- Bon ouais, c'est elle.
Il s'était repris. Il affichait d'ailleurs le même sourire de séducteur qu'il avait fait juste après notre entretien d'embauche dans le café.
- Je plais aux femmes, qu'est ce que tu veux que je te dise.
- Tsss, arrête de faire ton beau gosse.
- Mais je suis un beau gosse, j'y peux rien
On riait tous les deux, je me sentais vraiment en confiance avec lui.
- Pour en revenir à notre sujet, je me demandais pourquoi vous continuiez à vous chercher en parlant de Brice et Clarence. Vous voulez vous rendre jaloux ?
- Si c'est le cas de son côté et bien ca marche.
- En tout cas si tu sors avec elle, la largue pas en milieu de stage, l'ambiance risquerait d'être tendue sinon.
- Hey mais tu crois quoi toi, que j'ai qu'une envie c'est de sauter toutes les filles et les jeter ensuite ? Et tu crois que Mélodie c'est une petite fille sage ? Mais qui te dit que c'est pas elle qui en veut à mon corps ?
J'éclatais de rire. Ce mec était vraiment scandaleux.
- Ouais qui sait, t'as peut être raison.
- C'est moi qui ait discuté des heures avec elle sur le net hier et je peux t'affirmer que même si c'est une fille très gentille et très douce ce n'est pas pour autant une petite fille sage et coincée qui n'a jamais eu d'expérience.
- Ca devait être chaud sur msn hier plaisantai-je
- Je ne te le fais pas dire me confia t'il
- Je ne veux rien savoir m'écriai-je avec une mine faussement dégoutée.
- Elle est longue au téléphone, elle est avec qui là ?
- Qu'est ce que j'en sais moi ? En tout cas toi t'as l'air bien à fond.
- Mais non, pas du tout ! se défendit t'il
- C'est ca, genre. En tout cas j'ai qu'une chose à dire moi : ils sont rapides ces hétéros !
Il me regarda avec des yeux interloqués.
- Quoi ? »
Je ne pu lui répondre dans l'immédiat. Je venais de me rendre compte qu'au moment où j'avais prononcé cette phrase (qui était sortie toute seule), Clarence était juste entrain de passer derrière moi. Elle était accompagnée de deux collègues et allait elle aussi prendre un café. M'avait elle entendu ? Je le craignais. Je crois bien être devenue toute rouge à ce moment là. J'avais chaud. Ma tête était en ébullition.
Gabriel restait devant moi dubitatif. Il attendait une réaction de ma part.
- Tu vas bien? T'es toute rouge
- Euh, oui ca va lui répondis-je en ressentant exactement le contraire. Mon c½ur était affolé.
- Tu peux répéter ce que tu as dit ?
Je ne pouvais prononcer aucun mot.
- Hey mais soit pas traumatisé, c'est rien. Y'a pas de honte à être homo me dit il d'un ton qui se voulait rassurant et réconfortant. Y'a vraiment aucun problème, bien au contraire.
Cela me fit réagir
- Au contraire ? Comment ca ? Je reprenais peu à peu mes esprits.
- J'ai toujours voulu avoir une copine lesbienne
- T'es con lui lançais-je. Il venait de me redonner le sourire
- Ah ben je préfère te voir comme ca. Non mais par au contraire je voulais dire que j'étais complètement open. Et puis je trouve ça sympa d'avoir une amitié avec une fille sans aucune équivoque.
- Ca c'est sur qu'il n'y en aura jamais.
Ca le fit rire.
- Non mais attend, c'est que t'es pas tombé sur le bon. Je peux te faire changer, j'en suis sûr.
- T'es bien un mec pour dire ça toi
- Non mais je déconne t'inquiète. Je savais que t'allais réagir comme ça. Sois rassurée, je ne suis pas un de ces pauvres types qui pensent que si les filles deviennent lesbiennes c'est qu'elles ont été déçues voir même dégoutées des hommes.
- Ben je suis rassurée.
Et comme Monsieur était lancé il rajouta
- Et puis si tu veux te taper Mélodie va falloir mettre le paquet car tu devras de battre avec un mec de haut niveau.
Décidément, avec ces phrases honteuses je ne pouvais que me sentir mieux.
- Non mais t'inquiète, Mélodie est hétéro j'ai aucun doute la dessus. Et puis c'est pas mon style de fille. »
A ce moment là, Mélodie revenait tout juste. Deux boulettes dans la journée. Je n'avais vraiment pas de chance. Mais bon, cette dernière était beaucoup moins importante pour moi.
« - vous parliez de moi ? nous interrogea-t-elle
- Oui lui répondit Gabriel
- C'est bien ce qu'il semblait nous dit elle avec un grand sourire. Et comme ça je ne suis pas ton style Coralie ?
- Euh...
Je ne savais plus où me mettre. Moi qui n'avais jamais dit à personne que j'étais homo, je me retrouvais face à deux personnes que je ne connaissais presque pas et qui savaient pour moi.
- Comment c'est possible s'offusqua-t-elle ?
Elle avait vraiment l'air d'être choquée. Je ne savais quoi répondre. Elle enchaina donc
- Tu m'as bien regardé pour dire que je ne suis pas ton style ? Regarde-moi de plus près. Elle, qui était encore debout, fit un tour sur elle-même pour me montrer à quel pont elle était bien foutue.
On a éclaté de rire à nouveau.
- Ben désolée, moi je préfère les grande brunes aux yeux bleus et toi tu es petite aux yeux noisette.
- T'es difficile toi.
Je venais encore de gaffer. Jamais deux sans trois comme on dit. Clarence passait à nouveau derrière moi. Elle allait sûrement croire que j'avais dit ça pour qu'elle l'entende. J'avais honte, j'étais vraiment très gênée.
Décidément je suis vraiment le genre de fille qui n'a pas de chance. En sortant du bar Clarence m'adressa un sourire discret que je fus la seule à remarquer.
- Wow ! s'écria Gabriel, tu dis que tu kiffes les brunes aux yeux bleus et juste au même moment y'a la petite amie de Brice qui correspond parfaitement à cette description qui passe derrière toi. Elle va croire que tu las dragues.
- Arrête Gab coupa Mélodie. Tu vois pas qu'elle est mal à l'aise.
Pour être mal à l'aise, je l'étais.
- Pourquoi tu dis que c'est la petite amie de Brice, Gabriel ?
- J'en sais rien mais lui en tout cas il lui il la drague d'une manière éhontée.
- Ouais j'avais remarqué
- Vous êtes pas les seuls ajouta Mélodie.
La pause déjeuner touchant à sa fin, on retourna travailler. On se dépêchait de retourner dans notre salle afin que je ne croise pas Clarence. Heureusement que Gabriel et Mélodie étaient compréhensifs.

La journée se termina et par chance je ne croisai pas Clarence. Enfin, peut-on appeler ça de la chance. J'ai boycotté la pause café et je suis partie en faisant un énorme détour dans les couloirs, histoire de ne pas la croiser. J'ai même emprunté les escaliers de secours au lieu de l'ascenseur principal. Bon c'était peut être exagéré mais j'avais encore trop honte de ce qui c'était passé à la pause déjeuner.
La fin de la semaine se déroula tranquillement. Je ne la rencontrai pas, tout était tranquille. Nous avions fini de ranger tous les dossiers et Me castel nous avait promis de nous donner un travail plus intéressant dès la semaine suivante.
On décidait alors de fêter ca le vendredi soir après notre première semaine de boulot. On décida d'aller dans un bar dans le centre ville. Mes deux nouveaux copains commençaient à se rapprocher très fortement et je me sentais limite de trop.
« - Vous voulez que je vous laisse ?
- Ben pourquoi tu dis ca demanda Mélodie étonnée
- A votre avis ?
- Ben euh... tenta de m'expliquer Gabriel.
- Vous êtes bien mignons tous les deux mais je pense que pour votre premier baiser il vaudrait mieux que je ne sois pas là. Ce ne serait pas très romantique.
Ils se mirent à rire tous les deux.
- Mais qu'est ce qui te fait croire que ca va arriver ? me questionna Gabriel.
- Ca sent l'envie à plein nez. Je suis jalouse, moi je n'ai personne à embrasser.
- Oh ca viendra! me dit Mélodie d'une voix compatissante.
- Non mais dit aussi que je te fais pitié lui rétorquai-je d'un ton sec.
- Mais non j'ai pas dit ca, le prend pas mal.
- Non mais je le prends pas mal, je rigolais t'inquiète. Je sais très bien que moi aussi ca m'arrivera... dans quelques années.
Ils se moquèrent de moi suite à cette phrase.
- Ben ouais je suis sure qu'à 30 ans y'aura bien quelqu'un qui voudra d' une désespérée comme toi.
- Mais je ne suis pas désespérée! m'exclamai-je en faisant semblant de m'offusquer.
- Je peux te poser quelques questions perso me demanda Mélodie.
- Bien sûr.
- Ca fait longtemps que tu sais que t'es homo ?
- Euh ouais. Je crois même que je l'ai toujours su.
- Genre en primaire t'étais intéressée par des filles de ton école? s'étonna Gabriel
- Ben ouais, comme toi Gabriel. Enfin moi c'était plutôt mes profs dis-je en rigolant.
- Et t'as déjà eu beaucoup de petites copines ?
- Non pas vraiment. Quelques flirts sans lendeman c'est tout.
- Je peux aller encore plus loin dans l'indiscrétion ? me demanda Gabriel
- Euh, ben oui, mais je ne te promets pas d'y répondre si je trouve que tu vas trop loin.
- T'inquiète pas, je vais pas te demander comment on fait l'amour entre filles.
- T'es vraiment trop con toi.
Qu'est ce qu'il pouvait me faire rire avec ses vielles répliques.
- Est-ce que t'es déjà sorti avec des garçons et si oui est ce que t'as déjà couché avec ?
- Et toi Gab, t'as déjà couché avec des garçons ?
Il ne comprenait pas vraiment l'objet de ma question, je le voyais à l'expression déconcertée de son visage.
- Ben oui toi t'as toujours été attiré par les filles alors t'as jamais couché avec des garçons. Et bien moi c'est pareil, j'ai toujours été attirée par les filles alors pourquoi j'aurais couché avec des mecs ?
- Bon raisonnement me lança t'il. Je n'avais jamais pensé à ça.
- Enfin bon, moi je suis quand même sorti avec plein de garçons et oui j'ai déjà couché avec des mecs. »
- Attends, tu me fais toute ta vielle explication à deux balles pour me dire qu'en fait t'as couché avec des mecs, pffff.
On éclata de rire tous les trois. On adorait se taquiner entre nous. Ca faisait du bien.
J'étais fatiguée et comme ils avaient envie de se retrouver un peu seuls je leur dit au revoir et rentrai chez moi l'esprit léger. J'avais vraiment très envie de dormir après cette première semaine de boulot. Ca me changeait de ma vie étudiante. Et puis le lendemain matin je devais me lever tôt car je devais déjeuner chez mes parents.
Arrivé chez moi je me préparai directement pour me mettre au lit. Je m'endormis comme une masse.

Le lendemain matin je me réveillais à 9h30. Je n'avais pas envie de me presser pour me préparer. Je devais partir à 11h de mon studio pour arriver chez mes parents à 12h30. Ils habitaient à une dizaine de kilomètres de chez moi mais j'avais beaucoup de changement de transports ce qui explique la longue durée du trajet. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles j'avais déménagé. 3h de trajets pour aller à fac dans la journée, c'était excessif. Ca me fatiguerait beaucoup trop. Et puis je savais que pour réussir il fallait s'accrocher et beaucoup travailler. Ce n'était donc pas possible. Mes parents avaient acceptés à la condition que je finance moi-même mon appartement. De leur côtés ils subviendraient à tous mes autres besoins (nourritures, vêtements, carte de transports, livres...). Ca me convenait parfaitement. Je travaillais durant les 4 mois d'été de septembre à juin et grâce aux APL je pouvais tenir sans aucun problème. J'avais une semi indépendance qui correspondait parfaitement à mes attentes. De plus, ca avait permis d'améliorer mes relations parfois tendues avec mes parents durant mes années lycée. A présent, on ne se voyait que lorsqu'on en avait envie (de manière assez régulière tout de même) et donc cela favorisait les bons contacts. Je me disais aussi que ce serait plus facile pour moi de leur dire que j'étais homo en n'habitant pas chez eux. Comme ca je n'avais pas le risque de me faire virer de la maison. Quoique je pense qu'ils ne réagiraient jamais comme ça.
J'arrivais le samedi comme convenu. Ca sentait le poulet rôti. Ma mère préparait toujours mes plats préférés quand je venais la voir.
Mes parents me questionnèrent sur mon stage. Je leur racontais tout en omettant mon attirance pour la magnifique Clarence. Quand à eux, ils me parlaient de la préparation de leurs futures vacances dans le sud de l'Espagne. Ils étaient tout contents, ca faisait plaisir.
A la fin du repas je montai dans la chambre de mon petit frère Ryan.
J'avais envie de lui parler. J'avais terriblement envie de me confier. J'avais réussi à parler de mon homosexualité à deux personnes que je connaissais peu, je pouvais donc aborder le sujet avec mon frère que j'aimais très fort et qui m'aimait très fort également. Une fois assise confortablement sur son lit on commença à papoter de la vie en général, de ses notes du lycée, de son bac approchant. Puis on aborda le sujet de ses conquêtes amoureuses. Il m'apprit qu'il sortait avec une Sarah depuis 1 mois et demi et qu'il était très amoureux. Qu'est ce qu'il était chou à me dire que c'était du sérieux et qu'il sentait que c'était la bonne. Ce n'était pas la première fois qu'il me disait ca d'ailleurs. Il y a avait eu Aurore 3 mois auparavant et Lucile au début de l'année. Et cela, uniquement pour l'année de terminale. C'est vrai que mon petit frère était très beau garçon mais je n'aurais pas aimé être à la place de ses conquêtes. Elles défilaient à un rythme infernal.
Puis ce fut à son tour de me poser des questions
« - Et toi alors grande s½ur, les amours, ca se passent comment ?
En fait c'était beaucoup plus dur que ce que j'imaginais. Justement, le fait d'être si proche de lui rendait la chose encore plus compliqué. Et s'il me rejetait ? Ca me ferait tellement plus mal que l'hypothétique rejet que j'aurais pu subir de la part de Gabriel et Mélodie.
- Pourquoi tu dis rien ? Je me suis bien confié moi.
- Oui oui, je sais Ryan, c'est que je ne sais juste pas comment te l'annoncer.
- M'annoncer quoi ? me demanda-t-il intrigué.
- En fait il y a quelqu'un qui m'intéresse beaucoup en ce moment.
- Ah, et donc c'est au près de ton petit frère que tu demandes des conseils! je suis flatté dit il avec un sourire jusqu'aux oreilles.
- Non, du tout. Ce quelqu'un est une femme.
Il me regarda et éclata de rire.
- Pourquoi tu ris ? J'étais vraiment surprise par sa réaction. Je ne suis pas en train de te faire une blague.
- Je sais bien Coralie.
- Ce n'est pas drôle du tout.
- Ouais désolé, mais bon ca c'est pas un scoop que tu sois gay.
- Comment ça? lui lançai-je intriguée.
- Si tu ne voulais pas que je le sache auparavant il aurait fallu que tu mattes moins les filles avec moi dans la rue quand on se promène ensemble. Il aurait aussi fallu que tu enlèves tous ses posters de femmes en sous vêtement sur le mur au dessus de ton bureau. T'aurais pu éviter plein de choses.
J'étais choquée, mon petit frère savait pour moi alors que je ne lui en avais jamais parler.
- Ca se voit tant que ça ? lui demandai-je. J'avais vraiment besoin d'être rassurée.
- Non, rassure-toi. Tu es très féminine. Je pense que si je l'ai deviné c'est que je te connais très bien.
- Tu crois que les parents le savent ?
- Non, je ne pense pas du tout. Je ne t'ai jamais vu matter des filles quand on était avec eux. Et concernant les posters, maman pense juste que tu t'intéresse beaucoup à la lingerie car justement tu es très féminine.
- Tu me rassures, tu ne peux même pas imaginer. Et toi tu le sais depuis combien de temps ?
- Ca doit faire 3 ans si je me souviens bien.
- Ah ouais, tant que ca ?
- Ben ca remonte à ton entrée à la fac. T'as commencé à plus te lâcher et c'est là que je l'ai remarqué. D'ailleurs tu l'as déjà dit à tes amis ?
- Non à personne, tu es le premier. Enfin non, je l'ai dit à mes deux collègues de travail, tu sais Gabriel et Mélodie dont je t'ai déjà parlé au téléphone cette semaine.
- Oui oui je vois très bien. Et tu t'es confié à eux avant moi ?
- Ben c'est sorti tout seul en fait ; j'ai sorti une phrase qui m'a grillé. Mais ca va ils l'ont super bien pris.
- C'est cool, je suis content pour toi.
- Merci Ryan. Et merci beaucoup pour ta réaction. Tu as l'air de très bien le prendre toi aussi.
- Moi je m'en fou. Tant que t'es heureuse. Et puis si tu ramènes des bombes à la maison c'est pas moi qui vais me plaindre s'amusa t'il.
- Ben avant ça faudrait que les parents soient au courant et je n'ai pas envie de leur dire tout de suite. Tu peux garder le secret ?
- Tu me prends pour qui ? ca fait déjà 3 ans que je garde ça pour moi alors c'est pas moi qui vais aller leur balancer ça de si tôt.
- T'es vraiment un amour
- Ouais je sais dit il en se la racontant pour rire. Mais ca fera 30 euros par mois.
- Quoi ?
- Non mais t'es bête, je plaisante. Je ne te ferai jamais ça.
- Je me disais aussi. »
J'adorais mon frère. Jusque là j'avais vraiment eut de la chance. Les trois personnes qui savaient pour moi l'avaient bien pris. Ca me donnait du courage pour l'annoncer à mes autres amis.
« - T'es déjà sorti avec des filles ? me demanda-t-il.
- Quelques unes oui.
- Elles étaient mignonnes ?
- Pour moi oui, quelle question !
- Ouais t'as raison, ma question était con. Et alors, revenons à ce qu'on disait tout à l'heure. Y'a une fille qui te plait à ton stage ? C'est Mélodie ?
- Du tout, d'ailleurs, elle sort avec Gabriel. Et je pense même que maintenant ils doivent être en train de conclure. Enfin, ils doivent être en train de conclure depuis hier 23h je pense.
Mon petit frère ria de bon c½ur.
- C'est qui alors ?
- Elle s'appelle Clarence. Elle est avocate dans le cabinet.
- Une avocate, waouh !!! Ben tu craques pas sur n'importe qui toi.
- Ben tu sais, je n'ai pas choisi. Et si tu la voyais je crois bien que tu craquerais aussi.
- Elle est comment ?
- Elle doit mesurer un peu plus d'1m70. Elle est très mince. Elle a de grands yeux bleus et de longs cheveux châtains foncés.
- Ouais elle parait pas mal. T'as du gout ma s½ur.
- Toi aussi Ryan. J'aimais bien Lucile d'ailleurs. Et en plus cette femme, Clarence, elle a trop la classe
- T'as l'air de bien la kiffer.
- Je ne vais pas nier. Mais ca, t'es le seul à le savoir.
Je lui racontais tout ce qu'il s'était passé au bar le mardi précédant. Ryan me dit que je n'avais pas à avoir honte, que je n'avais rien fait de mal et surtout que je devais plutôt voir les choses positivement puisqu'elle n'arrêtait pas de me sourire.
Il n'avait pas tord. Mais l'idée qu'elle puisse s'intéresser à moi ne m'avait jamais traversé l'esprit.
On finit l'après midi en prenant un gouter tous les quatre avec les parents. Ce fut un moment très agréable.
Le soir je rentrais chez moi. J'avais un rendez vous avec mes amies de la fac. On devait aller danser. J'avais pensé un moment leur annoncer que j'aimais les femmes mais je trouvais que ca faisait trop dans la même journée.
Je passais donc la soirée avec elle comme si de rien n'était. Ce fut une excellente soirée.
Le dimanche fut consacré à la détente. Je suis resté toute la journée en pyjama sur mon canapé à lire des magasines et un roman policier. J'angoissais un peu à l'idée d'être lundi et de recroiser Clarence.

# Posté le mardi 29 juillet 2008 09:06

et on continue...

Le lundi matin Brice nous fit venir dans son bureau afin de nous expliquer notre nouvelle mission. Celle-ci était vraiment plus intéressante que la précédente. Il fallait que l'on saisisse sur ordinateur de nombreuses informations contenues dans les derniers dossiers traités par certains avocats du cabinet. Me Castel nous attribua à chacun les dossiers de trois de ses collègues. Il nous informa qu'en cas de manque d'information dans certains dossiers, on pourrait directement s'adresser à l'avocat en question, que ceux-ci étaient au courant de notre activité. Gabriel, Mélodie et moi étions satisfaits. On pourrait prendre connaissance de nombreuses affaires très intéressantes. On pourrait également étudier la manière dont les avocats traitaient leurs dossiers. Le stage commençait vraiment à devenir intéressant.
Brice annonça les noms des avocats dont on se chargerait des dossiers.
« - Gabriel tu t'occuperas des dossiers de Me Laurent Dubois, Me Jean-Yves Claude et Me Laurence Courtison
- Coralie, toi tu seras en charge de Me Gil Carnac, Me Paul Ledoux et de Me Clarence Ferté »
Au nom de Clarence, je sursautai. Quoi, je vais m'occuper des affaires de Clarence? Cela voudrait dire que j'aurais sûrement des contacts avec elle durant ma mission. Je n'écoutais plus ce que Brice disait. Je n'entendais plus rien de ce qui se passait autour de moi. J'étais complètement perturbée par ce que je ne venais d'apprendre.
Brice devait s'en rendre compte puisqu'il s'exclama :
« - Mlle Corban, je vous ennuie ?
- Mais non pas du tout, pourquoi vous dites ça ?
- Vous m'avez l'air ailleurs
- Excusez-moi.
- Bon vous avez tous compris ce que vous devez faire ? Je vais maintenant vous donnez les dossiers à traiter et vous irez ensuite dans la salle 248 à l'étage supérieur. »
On s'exécuta. Une fois installé à mon bureau je consultais les dossiers qu'on m'avait confiés. Je commençais par ceux de Clarence. Ils étaient volumineux. Elle doit traiter de grosses affaires pensai-je. Ceux de ses deux collègues paraissait très fin à côté. Son écriture était très lisible. Elle était fine et élégante, à son image. Décidément tout me plaisait chez cette femme.
Je comparais ses dossiers avec ceux des deux autres avocats et constatais que ces deux derniers étaient loin d'être complets. Ils étaient beaucoup plus brouillons. J'allais donc certainement plus avoir à collaborer avec eux qu'avec Clarence. Ce n'était pas forcément une mauvaise chose. Dès le début d'après midi je du me rendre dans le bureau de Me Ledoux et dans celui de Me Carnac.
Avec Gabriel et Mélodie on n'arrêtait pas de faire des allers-retours entre les trois premiers étages du bâtiment qui correspondaient à notre cabinet. Le travail me plaisait et on s'amusait tous les trois en lisant les cas que les avocats avaient du défendre. Il y avait vraiment des affaires bizarres. Il y en avait d'autre beaucoup plus dures qui nous révoltaient ou nous mettaient mal à l'aise comme par exemple le cas de femmes battues ou encore de viols sur mineurs. D'un autre côté il fallait qu'on s'y attende, on travaillait dans un cabinet d'avocats pénalistes.
Les jours passaient et je n'avais pas encore rendu visite à Clarence. Non pas par peur mais simplement parce que je n'en avais pas eu le besoin. Tous ses dossiers étaient complets. Cependant le jeudi, je tombais sur un dossier illisible. Je demandais de l'aide à mes collègues mais ces derniers n'arrivaient pas plus que moi à déchiffrer ce qu'on aurait pu qualifier de torchon.
« - Ben t'as qu'à aller la trouver me lança Gabriel
- T'es marrant toi. Après ce qui s'est passé mardi de la semaine dernière au café, j'en ai pas très envie.
- Déconne pas, elle a sûrement oublié. Et puis de toute façon faut bien que tu le saisisses ce dossier, t'as pas le choix.
- Il a raison appuya Mélodie. »
Je savais qu'ils disaient vrai mais ce n'était pas pour autant plus facile. Je me rappelais alors des paroles de mon frère. « Elle t'a sourit, c'est bon signe alors ne t'inquiète pas » Et puis je n'avais rien fait de mal. Je crois bien que je me faisais des films toute seule. J'avais juste décrit à Gabriel et Mélodie le genre de femme qui m'attirait ; je ne draguais aucunement Clarence.
Je les ai donc abandonnés et je me suis dirigée vers le bureau de Clarence. En arrivant je constatai la présence de Brice dans son bureau.
« - Ah ben tiens, voilà qu'une de mes petites stagiaires débarque. Elle a sûrement des questions à te poser sur un de tes dossiers. Bon, je vous laisse. A tout à l'heure Clarence.
- A tout à l'heure Brice.
Il referma la porte du bureau en sortant et je me retrouvais seule face à la femme qui m'obnubilait depuis presque deux semaines.
- Je suppose que vous avez rencontrez un problème dans l'un de mes dossiers me demanda t'elle d'une voix très douce.
- Oui, il s'agit de l'affaire Lemareck
- Ah oui je me souviens. Et quel est le problème ?
- Je n'arrive pas à vous déchiffrer, je suis désolée.
- Tu l'as emmené avec toi ?
- Oui
Elle venait de me tutoyer ce qui me surpris. Elle fit comme si de rien n'était mais repris aussitôt le vouvoiement.
- Vous voulez bien me le montrer?
Je lui tendis et elle commença à le feuilleter.
- Oh mais quelle horreur! s'écria t'elle. Vous n'avez vraiment pas à être désolée de ne rien comprendre me dit elle en souriant.
Son sourire me faisait craquer.
Je lui souris à mon tour.
- Mais je vous rassure mademoiselle, ce n'est pas moi qui me est rédigé le dossier. C'est mon ancien stagiaire. Je crois bien qu'il va falloir qu'on le reprenne ensemble si vous voulez faire convenablement votre travail. Et je ne voudrais pas être celle qui vous en empêche ajouta t'elle en souriant à nouveau.
Aujourd'hui elle portait un haut d'un rouge vif au décolleté plongeant. Mon regard se penchait de temps à autre sur ce dernier sans que je puisse me contrôler. J'étais attirée par elle comme par magnétisme.
- Je suis désolée m'annonça t'elle, mais je dois vous quitter, j'ai eu réunion qui commence bientôt. Ah mince, elle a même déjà commencé. Venez donc me voir demain matin dès votre arrivée. Je bloque ma matinée pour voir le dossier avec vous. »
Elle était si gentille, si aimable. Tout l'opposait à Brice. Elle n'était en rien prétentieuse. Elle témoignait d'un grand respect vis-à-vis des stagiaires, elle prenait du temps pour moi. Cette femme était vraiment parfaite.
Il était déjà 16h50 quand je rejoignis Mélodie et Gabriel. Je les surpris en train de s'embrasser à pleine bouche.
« - Ah vous me dégoutez m'écriai-je pour leur signaler ma présence dans la pièce.
- Jalouse ! me rétorqua Gabriel sur le ton de la plaisanterie.
- Et moi qui vous croyais en train de bosser sérieusement.
- C'est ce qu'on faisait jusqu'à il y 5 minutes environ.
- Ouais c'est ça, vous me prenez pour une quiche ?
Ils rigolèrent gênés.
- Tant que vous faites pas l'amour sur mon bureau... lançai-je.
La journée était fini et je rentrai chez moi en repensant à mon entrevu avec Clarence et surtout à celle que j'aurais le lendemain matin. Je ressentais de l'appréhension mêlée à de l'excitation.
Ma nuit fut encore agitée, je ne trouvai pas le sommeil facilement.

# Posté le mardi 29 juillet 2008 11:48

nouvelle suite

Je me réveillai naturellement à 6h, le stress sûrement. Je voulus me rendormir vu qu'il me restait encore une heure de sommeil avant que mon réveil ne sonne, mais je me rendis compte que cela n'était pas possible. Je sortis du lit vers 6h15 pour me préparer. Au moins ca me laissait du temps pour me faire belle avant mon rendez vous avec Clarence.
Je décidai de mettre mon plus joli tailleur. Je laissai mes cheveux détachés, je paraissais ainsi plus féminine.
A 7h30 je partais de chez moi. D'habitude je m'en allais vers 8h mais j'étais déjà prête et tourner en rond dans mon salon me rendait folle. J'arrivai dans le hall à 8h30. Je décidai d'aller boire un café à l'espace détente avant d'aller retrouver Clarence dans son bureau à 9h. Il n'y avait encore personne à la machine. A peine ai-je retiré ma boisson que Clarence arriva à mon niveau.
« - Bonjour mademoiselle,
- Bonjour.
- Moi qui croyais que vous commenciez à 9h.
- C'est le cas mais là je suis un peu en avance en fait.
- Si ça ne vous dérange pas on peut commencer dès maintenant comme ça on sera libéré plus tôt.
- D'accord lui répondis-je en buvant mon café précipitamment.
- Ne vous dépêchez pas, vous allez vous brûler. (C'était déjà fait !) Prenez votre verre et venez dans mon bureau. »
Je la suivis. Elle avait une démarche très distinguée. Sa jupe mettait ses fesses en valeur. Je me ressaisis. J'étais honteuse, je me comportais comme un mec.
Arrivée dans son bureau elle me dit de prendre la chaise disposée en face et de venir m'assoir à côté d'elle. Nous travaillâmes assidument pendant des heures. Vers midi je regardai ma montre. Je devais prévenir mes amis de mon retard mais je n'en eus pas la possibilité. Les minutes passaient et je n'osais demander à Clarence de prendre ma pause repas ou du moins prévenir mes amis. J'avais envie de faire bonne impression et de jouer à celle qui peut travailler des heures sans compter. C'était d'ailleurs son cas. Vers 13h40 elle s'écria :
« - Je n'ai pas vu l'heure, la cantine va être fermée. Je suis vraiment désolée de vous avoir retenue si longtemps.
Si elle savait quel plaisir ce fut pour moi de partager ce moment avec elle.
- C'est passé vite. Moi non plus je ne m'en suis pas rendue compte, mentis-je.
- Je crois que je n'ai pas d'autres choix que de vous inviter à déjeuner dehors.
- Non mais c'est pas la peine, je vais me prendre un sandwich à la boulangerie du coin.
- Elle doit être fermée à cette heure là me répliqua t'elle d'un air satisfait. Et en plus je n'ai vraiment pas envie de manger seule. Vous refusez toujours de déjeuner avec moi? »
Que pouvais-je répondre à cela? J'étais vraiment trop contente mais je ne le montrai pas. On se posa dans une pizzeria à deux rues de notre bâtiment.

On s'installa en terrasse. Il n'y avait plus grand monde du fait de l'heure tardive de notre arrivée.
« Comme ça on sera vite servi » précisa t'elle.
Moi j'avais envie que ça dure. On était dans un cadre neutre. D'un côté j'étais terriblement stressée de me retrouver ici avec elle, d'un autre j'étais vraiment heureuse de passer ainsi un moment privilégié avec cette femme qui hantait mes pensées jours et nuits.
« - Vous désirez un apéritif mesdemoiselles? nous demanda le serveur
- Non merci lui répondis-je.
- Mais si on va en prendre un, laissez nous juste le temps de choisir s'il vous plait me contredit-elle.
Le serveur repartit.
- Je vous offre le repas et l'apéritif est compris dedans alors ne vous privez pas.
- C'est vraiment très gentil de votre part mais il ne faut pas vous sentir obligée.
- Je sais très bien ce que c'est d'être étudiant et de connaître des fins de mois difficiles. Je suis passée par là avant vous me précisa t'elle d'un ton compréhensif.
- C'est vrai que ce n'est pas évident, surtout que lorsque l'on est stagiaire dans des cabinets d'avocat, on est très rarement payé m'amusai-je.
- Parce que notre cabinet ne vous rémunère pas? C'est vraiment scandaleux. Je me souviens que mon ancien stagiaire percevait une faible indemnité mais c'était déjà ça.
- C'était peut être un stage dans le cadre de son master non ?
- Oui acquiesça t'elle.
- Ca doit certainement être pour ça. Mes camarades et moi-même n'avons pas cette chance.
- Raison de plus pour que je vous invite.
Le serveur nous interrompit.
« - Ces demoiselles auraient elle choisi leur apéritif ?
- Et bien, hésita t'elle.
- Je vais prendre un jus d'abricot s'il vous plait. Clarence me sourit. Elle se sentait gênée en croyant devoir demander au serveur un peu plus de temps.
- Je vais prendre la même chose ajouta t'elle. »
Le serveur arriva peu de temps après avec nos jus d'abricot tout frais.
« - Ca fait bien longtemps que j'en avais pas bu précisa t'elle.
- D'habitude vous devez plutôt boire du vin osai-je.
- Effectivement me dit-elle en souriant. C'est vrai que là j'ai l'impression de retourner en enfance.
Elle se rendit compte qu'elle m'avait un peu blessée alors elle repris :
- Non mais j'aime beaucoup. Oh excusez-moi, je m'embrouille. Je ne voulais vraiment pas vous blesser. C'est juste que vous êtes très jeune par rapport à moi.
- Non mais je ne suis pas blessée répliquai-je calmement voulant lui prouver qu'elle avait tord. Et je ne pense pas être beaucoup plus jeune que vous. Vous avez quel âge sans indiscrétion? me permis-je.
- De la part d'un homme j'aurais trouvé ça déplacé mais de la votre, cela ne me dérange pas du tout.
Je luis souris et elle me rendit mon sourire.
- J'ai 26 ans m'annonça t'elle.
- Nous n'avons que 5 ans d'écart ce n'est pas beaucoup.
- Effectivement.
- Vous pratiquez depuis longtemps ?
A ce moment là le serveur nous apporta nos consommations et nous proposa de passer notre commande.
- Je suis vraiment désolée, nous n'avons pas encore regardé. Coralie, vous avez une petite idée de ce que vous voulez ou il vous faut un peu de temps pour regarder le menu ?
- Non ça ira. Je voudrais une margarita s'il vous plait, dis-je au serveur.
- Et pour moi ce sera une salade César s'il vous plait.
- Je vous apporte ça tout de suite charmantes demoiselles. »
C'était le stéréotype du serveur italien dans une pizzeria. Le look, l'accent, le côté dragueur, tout y était.
Nous sirotions tout en discutant.
- Où on en était déjà? m'interrogea Clarence
- Je vous demandais depuis combien de temps vous exerciez.
- Ah oui c'est ça. Cela fera bientôt 2 ans.
- Ben dis donc, vous avez tout enchainé brillamment si je comprends bien! m'exclamai-je-je impressionnée.
- On peut dire ça comme ça oui s'exprima t'elle un peu gênée et flatter à la fois. J'ai eu de la chance.
- Je ne pense pas qu'il s'agisse de chance mais plutôt de talent. »
Si je continuais comme ça elle allait croire que je la draguais. J'avais des antécédents et donc je ne pouvais me permettre de poursuivre dans ma lancée de compliments.
Nos plats arrivèrent et je me sentis gênée d'avoir commandé une pizza alors que Clarence s'était contentée d'une salade. Je lui donnais l'image d'une fille qui ne faisait pas attention à sa ligne, contrairement à elle. Si je voulais la séduire ce n'était pas comme ça que je devais m'y prendre.
Elle mangeait avec appétit alors que moi je ne touchais que très peu à mon assiette.
« - Ce n'est pas bon s'inquiéta t'elle ?
- Non ce n'est pas ça du tout. Je n'ai juste plus trop d'appétit. Je suis vraiment désolée.
- Il n'y a vraiment pas de quoi. »
Je regrettais ce comportement que je trouvais stupide. Je ne voulais pas manger pour ne pas paraître trop gourmande mais en refusant de manger le repas que Clarence m'offrait je me montrais d'autant plus impolie. Le pire c'est que je mourais de faim et que j'avais très envie d'un tiramisu au dessert.
Je bus une gorgée de sirop et affirma à mon acolyte que l'appétit me revenait peu à peu. Je crois bien que je m'enfonçai mais elle n'avait pas l'air de me juger. Elle ne cessait de me sourire. Elle devait sentir que j'étais stressée. Alors elle me demanda quelque chose qui me fit immédiatement reprendre confiance en moi :
« - Si vous n'arrivez pas à finir votre pizza, je veux bien l'échanger contre ma salade. Elle me fait envie. »
J'acceptais sa proposition avec plaisir. Décidément cette femme était surprenante. Elle faisait tout pour me mettre à l'aise. J'avais l'impression qu'elle lisait en moi comme dans un livre ouvert.
« - Alors, vous êtes en troisième année de droit c'est ça ?
- Tout à fait.
- Et vous comptez faire un master de droit pénal l'année prochaine ?
- En fait je vais choisir le master de droit privé général pour ma première année et si je le peux je me spécialiserais en droit pénal en master 2. Il n'y a pas de master 1 de droit pénal dans ma fac.
- C'est une spécialisation passionnante vous verrez. Et soyez optimiste, si vous le désirez vraiment vous arriverez à rentrer en master 2.
- J'aimerais beaucoup
- En tout cas vous m'avez l'air bien motivé pour décider de travailler les quatre mois d'été alors que vous pourriez profiter tranquillement de vos vacances.
- C'est vrai. J'adore le droit pénal et je voulais voir si c'était vraiment la spécialisation qui me convenait avant de choisir mon master. J'hésite encore avec un master de droit social.
- C'est une bonne spécialisation aussi. Le droit des affaires ne t'a jamais attiré ?
Elle me tutoyait à nouveau. Mais cette fois-ci elle ne se reprit pas. Je ne me permettais pas cette même familiarité à son égard.
- Pas vraiment. Gagner beaucoup argent n'est pas mon but principal, c'est même accessoire.
- Mais qui t'as fait croire qu'être avocat au pénal ne rapportait pas? C'est vrai qu'il y a beaucoup de commis d'office mais on peut également très bien s'en sortir, je te l'affirme. »
J'apprenais ainsi que Clarence était de celles qui gagnaient très bien sa vie. Je n'avais presque plus de scrupules à me faire me payer mon repas. Je me permis de lui dire ce qui la fit rire.
Le serveur vint nous débarrasser et nous demanda si nous voulions prendre des desserts. J'attendais de voir si Clarence en prenait un avant d'en commander un. Elle me proposa de partager un tiramisu.
« - Volontiers, c'est mon dessert préféré affirmai-je
- Ca nous fait un autre point commun s'amusa-t-elle
- Un autre ?
- Bien oui, nous avons toutes deux une passion pour le droit pénal.
Je ne m'attendais pas à ça. Je m'imaginais qu'elle allait sortir un truc du style « on est toutes les deux de belles femmes ». En bref, je nageais en plein délire.
Le serveur arriva avec une part de gâteau qui paraissait très appétissant.
L'idée de manger dans la même assiette m'émoustillait un petit peu, je dois bien l'avouer.
Nous nous sommes rapprochées toute les deux de la table pour pouvoir déguster le dessert sans en faire tomber partout.
Nos regards se croisaient. Aucune de nous deux ne parla jusqu'à ce qu'il ne reste plus que l'équivalant d'une cuillère dans l'assiette.
« - Je vous la laisse lui dis-je poliment
- Non non, elle est pour vous.
Ca me perturbait qu'elle ne cesse d'alterner entre le tutoiement et le vouvoiement.
- On peut rester comme ça des heures alors que ce pauvre petit bout de gâteau n'attend qu'une chose : être mangé. Je le partage. »
Ca la fit sourire. Ca nous faisait un minuscule bout de gâteau chacune.
Je m'absentais aux toilettes pendant qu'elle payait l'addition.
J'avais reçu un message de Gabriel à 12h40 que je ne voyais que maintenant. « Tu dois encore être en train de bosser avec la femme de tes rêves alors on ne t'attend pas mais si t'as fini, rejoins nous à la cantine. Bisous et à toute à l'heure »
Il était vraiment gentil. J'en avais également reçu un de mélodie à 14h30 « ca dure longtemps la lecture de ce dossier! que ce passe t'il ? t'es pas morte j'espère.» Elle me faisait rire aussi. L'heure avait tourné à une allure folle. Il était 14h35. Cette fois ci je n'avais vraiment pas vu le temps passé tellement ma compagnie lors du déjeuner était excellente.
Je retrouvais Clarence à l'entrée de restaurant. Je la remerciais pour le déjeuner.
« - Il n'y a vraiment pas de quoi me rassura t'elle.
- Comment pourrais-je vous remercier ?
- En me retrouvant demain matin dans mon bureau à la même heure me lança t'elle avec un magnifique sourire. Cet après midi je dois travailler sur un de mes dossiers.
Je ne savais comment interpréter sa réponse. Pour elle, passer une matinée avec moi constituait un moyen de la remercier. Je ne savais pas quoi en penser.
On se séparait au premier étage puisqu'elle descendit de l'ascenseur et que moi je montais à celui du dessus pour rejoindre Gabriel et Mélodie dans la salle 248.
« - Hey, qu'est ce que tu faisais ? T'as vu l'heure? Tu arrives presque à l'heure de notre pause café. T'as fait quoi depuis ce matin? me questionna Gabriel.
- A peine arrivée, je suis harcelée, plaisantai-je
- On veut tout savoir. D'habitude quand on va voir les avocats ca dure dix minutes et ils nous jettent parce qu'on les dérange et toi tu restes avec Clarence pendant des heures.
- Ben c'est à cause du dossier, faut le reprendre en entier et il est très gros.
- Vous l'avez fini au moins. Vous avez quand même bossé dessus pendant plus de 5h.
- C'est vrai, on a travaillé de 8h30 à 13h30.
- Pourquoi t'es arrivé si tôt me demanda? Mélodie surprise.
- J'arrivais pas à dormir alors je suis venue plus tôt, c'est tout.
- Ca s'est bien passé. Tu n'étais pas trop gênée vis-à-vis d'elle ?
- Un peu au début mais elle était très professionnelle alors c'est vite passé.
- Au fait désolée pour ce midi de t'avoir laissé toute seule s'excusa Gabriel.
- T'excuse pas, je n'ai pas mangé seule.
- Ah ouais ? demanda Mélodie intriguée.
- Vu qu'on n'a pas arrêté et qu'on a finit très tard de travailler Clarence m'a invité au restaurant.
- Cette chance! S'exclama Gabriel. T'as déjeuné avec la bombe.
Mélodie lui donna un gros coup de coude dans le ventre ce qui me fit rire mais pas Gabriel qui m'avait l'air de bien souffrir.
- Hey du calme Mélo, je suis juste en train de dire que Clarence est belle, y'a rien de mal à ça, si?
- Il a raison m'amusai-je. T'y es allé un peu fort je crois.
Mélodie fit sa moue boudeuse puis elle embrassa Gabriel sur la joue pour se faire pardonner.
- Allé raconte repris Gabriel
- Tu veux savoir quoi ?
- Ben comment ça c'est passé avec l'élue de ton c½ur.
- Qu'est ce que tu me racontes to! N'importe quoi, c'est pas l'élue de mon c½ur.
- Ben tu la trouves mignonne.
- Toi aussi pas vrai ? T'es pas amoureux d'elle pour autant.
- Non mais moi c'est pas mon type idéal de fille.
- Normal puisque c'est moi affirma Mélodie d'un ton à la fois catégorique et amusé. Et comme l'a dit Coralie l'autre jour, on ne se ressemble pas vraiment.
- Oui ma chérie, c'est toi mon style de femme dit il en lui souriant d'une manière trop émouvante.
Il m'avait l'air amoureux le jeune Gabriel. Elle aussi d'ailleurs. Ca faisait plaisir.
- Et ça s'est bien passé poursuit il ?
- Très bien. C'est vraiment une femme très gentille. Elle m'a payé mon repas et tout.
- Et là, vous avez fini le dossier pour qu'elle te rende à nous? D'ailleurs tu pourras la remercier car tu nous manquais trop.
- Vous être trop gentils.
- Des amours, tu peux le dire ajouta t'il. T'as pas répondu à ma question. Vous avez fini ?
- Non, d'ailleurs elle m'a dit que pour la remercier de ce repas ca lui ferait plaisir que je la rejoigne demain matin dans son bureau. J'ai pas compris pourquoi elle m'a dit ça.
- Ben c'est simple, elle aime ta compagnie et elle le fait savoir. Tu lui as tapé dans l'½il, c'est clair affirma Gabriel.
- Tu dis des bêtises. Je suis sûre qu'elle est hétéro et qu'elle a dit ça comme ça.
- Je suis désolée mais moi je trouve ça ambigu enchaina Mélodie. Elle sait que t'es homo et elle se permet de te dire ça: c'est louche.
- Mais qui vous dit qu'elle sait?
- Sois pas naïve répliqua Gabriel. Tu l'as dit juste au moment où elle passait derrière toi. D'ailleurs elle a même entendu que tu aimais les châtains aux yeux bleus. Alors franchement, si elle t'a pas dit ça pour te faire comprendre qu'elle était intéressée moi je m'appelle plus Gabriel.
- Non mais vous vous faites des films vous.
- Je ne crois pas m'objecta t'il. Si elle avait voulu, elle aurait simplement pu te donner rendez vous demain sans te dire que cela serait ta manière de la remercier pour le restaurant.
Il était convaincant mais je ne pus m'empêcher de lui poser une dernière question pour qu'il me le confirme encore une fois.
- Tu ne crois pas qu'elle m'a dit ça uniquement pour que je ne me sente pas trop redevable et que je ne me sentes pas obligée de lui payer un restaurant à mon tour.
- Non je ne crois pas du tout. Franchement, si elle avait voulu que tu ne te sentes pas redevable elle t'aurait plutôt proposé que tu lui payes un café ou elle t'aurait demandé de lui rendre un petit service. Elle ne t'aurait pas dit que ca lui ferait plaisir de passer une autre matinée avec toi tu ne crois pas. »
En fait je ne pouvais y croire.
Après notre longue discussion la journée touchait à sa fin. On n'avait pas travaillé depuis mon retour ni pris de café. On était resté tous les trois dans notre bureau à parler. Si Brice savait ça, je crois bien qu'il nous passerait un savon.
Je suis rentrée chez moi la tête plein de questions. Je ne cessais de réfléchir à ce qui s'était passé avec Clarence dans la journée, à la réflexion qu'avaient tenu Gab et Mélodie. J'étais perdue.
Je décidai donc d'appelé Ryan pour avoir un avis supplémentaire. Je lui racontai mon histoire en entier afin qu'il ne me fasse part de sa pensée.
« - Je crois bien que tes amis ont raison Coco
- Alors toi aussi tu penses comme eux ?
- Ben d'après ce que tu me dis, ca semble être l'hypothèse la plus plausible.
- Mais peut-être qu'on interprète mal ses propos.
- Je crois pas mais attend de voir demain matin comment ça se passe. En tout cas t'as intérêt de me faire un compte rendu détaillé à chaque fois que tu la croises. Compris ?
- Ok Ryan. Bonne nuit mon petit frère préféré.
- Bonne nuit ma grande s½ur préférée.
Je n'avais pas envie de me coucher. Je me suis donc abrutie devant la télé durant des heures.
A 2h je pensais qu'il serait raisonnable d'aller me coucher sinon je serais épuisée le lendemain, mais je n'en avais pas du tout envie. J'allai me brosser les dents et me mettre en pyjama. Quand je revins sur mon canapé, chasse pêche et nature allait commencer. Je ne pouvais descendre aussi bas. Certes je n'avais pas envie de dormir mais de là à regarder cette émission, il ne fallait pas abuser. Je suis donc allé chercher mes dvd de L word de la saison 1 que j'avais déjà vu. C'était toujours mieux et puis je ne m'en rappellerais plus totalement de toute façon. J'en regardai un puis deux, puis trois. A 5h je culpabilisais. Mes paupières se fermaient toutes seules mais ce serait une mauvaise idée d'aller me coucher. Je ne pourrais pas me réveiller le lendemain. Je me fis un café très serré et regardai le quatrième épisode de la saison.
A 6h j'allai prendre un bain pour me relaxer. Le stress apparu progressivement plus l'heure de mon rendez-vous avec Clarence approchait.
J'étais prête encore plus tôt que la veille mais je ne parti quand même pas de chez moi. Je ne voulais pas qu'elle croit que je n'avais qu'une envie, la retrouver. Je décidai d'arriver pour 9h.

J'arrivai même à 9h15. Je m'étais assoupie sur mon canapé peu de temps avant de partir.
Elle n'avait pas commencé à travailler sur notre dossier bien que je la suspectais d'être déjà là depuis 8h30 comme la veille. D'ailleurs était-ce peut être l'heure qu'elle à laquelle aurait voulu que j'arrive moi aussi.
« - Bonjour Coralie, comment allez vous ce matin ?
- Très bien, merci. Je suis vraiment désolée pour mon retard.
- C'est vrai que 45 minutes ce n'est pas rien me lança t'elle avec un sourire malicieux.
- Nous n'avions pas rendez-vous à 9h? Je croyais vu que c'est mon heure normale d'embauche.
- Je croyais que vous arriveriez plus tôt me précisa t'elle.
Je percevais une petite déception sans voix.
C'est qu'elle allait me faire culpabiliser si elle continuait. J'étais toute gênée.
- Je vous ai pris un chocolat. Il est sur mon bureau ; allez le boire avant qu'il ne soit trop froid.
- Merci beaucoup.
Elle alimentait encore d'avantage mon sentiment de culpabilité et je me demandais même si elle ne le faisait pas exprès. Elle était si gentille avec moi, je pourrais même dire aux petits soins. Qu'avais-je fait pour mériter ça?
- J'ai remarqué que vous ne buviez pas de café.
- C'est vrai affirmai-je. Vous devez me prendre pour une vraie gamine entre ça et le jus d'abricot d'hier.
Elle sourit.
- Loin de moi cette idée ironisa t'elle. »
Je me demandais vraiment comment cette femme pouvait me porter un quelconque intérêt, si elle m'en portait d'ailleurs car ce fait n'était pas avéré malgré les dires des mes amis et de mon frère. Elle était si distinguée, si raffinée, si femme. A côté d'elle je paraissais être encore une étudiante pas tout à fait adulte.
On se remit au travail. Les feuilles étaient éparpillées sur le bureau, on ne s'y retrouvait presque plus.
« - Est-ce que vous voyez le procès verbal de Mr Lemareck dans tout ce fouillis ? me demanda Clarence.
- Je l'ai vu tout à l'heure, il doit être par là lui répondis-je en pointant mon doigt vers la partie gauche du bureau, c'est-à-dire de son côté.
Elle regarda dans la direction que je lui montrais mais ne semblait pas le voir.
- Ah, je crois que je l'ai trouvé m'écriai-je.»
Je me levais de mon siège pour l'attraper mais elle du également apercevoir la feuille puisqu'elle eu le même réflexe que moi.
Nos mains s'effleurèrent à proximité du dossier. Je me retirai immédiatement. J'avais reçu comme une décharge électrique de bonheur dans tout mon corps. Je n'aurai jamais cru qu'un simple contact entre nos mains auraient produit sur moi un tel effet. Pour la première fois je pu percevoir une gêne chez Clarence.
D'habitude, lorsqu'elle me faisait des petites réflexions ambigües, elle avait l'air de dominer la situation, de savoir exactement ce qu'elle faisait. Là, ce qui venait de se passer n'était en rien calculé. Nous fûmes toutes deux surprises.
Elle m'abandonna prétextant une envie pressante. Je ne savais vraiment pas quoi penser. La situation avait du la troubler elle aussi.
Je me retrouvais seule dans son bureau à ne savoir que faire. Je ne parvenais pas à me repencher sur le dossier. Ce contact m'avait perturbé plus que de raison. Je décidai alors de m'absenter pour rejoindre Gabriel et Mélodie.
Je me dépêchai d'aller les rejoindre pour revenir le plus vite possible.
« - Salut les amis! m'exclamai-je en rentrant dans notre petite pièce. Ils étaient tous deux à leur bureau, travaillant consciencieusement.
- Coucou Coralie me répondirent ils simultanément.
- Tu fais une drôle de tête, se soucia Garbiel.
- Qu'est ce qu'il se passe? ajouta Mélodie.
- J'ai pas beaucoup de temps mais j'avais vraiment besoin de vous parler. Il s'est passé quelque chose et je ne sais vraiment pas quoi en penser.
- Ta vie s'est un véritable roman fleuve me lança Gabriel sur le ton de la plaisanterie.
J'avais le ventre noué, je ne trouvai rien à lui répliquer. Ca ne me faisait pas rire vu les circonstances.
- J'ai besoin d'un conseil, vous pouvez être sérieux deux minutes s'il vous plait.
Ils acquiescèrent.
- On travaillait tranquillement avec Clarence lorsqu'à un moment on s'est mise à chercher un papier important sur le bureau. On l'a trouvé toutes les deux en même temps et au moment de l'attraper nos deux mains se sont touchées leur racontai-je.
- Et alors? me questionna Gabriel.
- Ca fait quoi? enchaina Mélodie.
- Ben, je crois qu'on était gêné toutes les deux. Juste après elle est partie aux toilettes. Je voulais savoir ce que vous en pensiez.
- Je sais pas trop quoi te dire me dit il hésitant. Tu crois vraiment qu'elle était gênée elle aussi ?
- Ben si elle ne l'était pas elle jouait bien la comédie alors.
- Ca confirme ce qu'on pensait hier affirma Mélodie.
- Ouais, c'est vrai insista Gabriel.
- C'est ce que je me disais mais d'un autre côté j'ai peur de me monter la tête pour rien.
- Et si ce n'était pas rien me rassura Gabriel. Faudrait qu'on voit son comportement vis-à-vis de toi qu'on puisse en juger nous aussi. Ca serait certainement plus objectif.
- Bon je dois vous laisser, elle va se demander ce que je fou.
- Ok Coralie. Mais on mange ensemble ce midi?
- Je ne sais pas encore. Appelle-moi dans une heure. Je me permettrais de décrocher et je te dirai ça.
- Ca marche, à tout à l'heure. »

Je redescendis retrouver Clarence. Elle se trouvait assise à son bureau. Elle me jeta un coup d'½il quand j'entrai dans la pièce.
« - Vous vous êtes accordez une longue pause dites moi plaisanta t'elle. »
Elle s'était ressaisie à ce que je voyais. Elle n'avait plus du tout l'air gênée, bien au contraire. Elle me donnait l'impression de vouloir mener la danse à nouveau.
On reprit notre travail je faisais à présent très attention au moindre de mes gestes.
Elle le remarqua.
- Vous avez peur qu'on se frôle à nouveau? Vous m'avez l'air bien tendue se permit-elle d'une manière totalement décomplexée.
Et encore une petite réflexion équivoque! Mais à quoi jouait-elle? Maintenant j'étais quasiment sûre qu'elle savait que j'étais homo.
Elle me cherchait ou quoi? Il fallait que je lui réponde pour ne pas perdre la face mais je n'avais aucune idée de ce que je pouvais bien lui dire.
- De quoi vous parlez ? lui demandai-je lui donnant l'impression que j'ignorais totalement de quoi elle pouvait bien parler.
- Vous savez bien.
- Non je ne vois pas du tout lui rétorquai-je convaincue. »
Cette fois ci c'est moi qui menais la danse. Je voyais bien que ça la perturbait. Elle ne répondit rien.
Durant l'heure qui suivi on travailla chacune de notre côté sans s'adresser la parole une seule fois.
Ni elle ni moi n'osait briser ce silence qui était pourtant insupportable.
A 12h30 mon téléphone sonna. J'avais complètement oublié que Gabriel devait m'appeler.
« - Je vous en prie, décrochez m'autorisa Clarence.
- Allo ma chérie, cria bien fort Gabriel. Tu viens déjeuner avec nous ou tu manges avec ta belle. »
Qu'est ce qu'il était bête! Je suis sure que Clarence l'avait entendu tellement il avait parlé fort. J'avais trop honte.
Je venais tout juste de réussir à reprendre confiance en moi devant Clarence et à ne pas rentrer dans son petit jeu et voilà que Gabriel venait de tout gâcher en un seconde. J'avais envie de l'engueuler mais je ne me le permettais pas devant Clarence.
J'osais un regard en sa direction et je la surpris en train de sourire. Elle affichait une mine radieuse. Cela contrastait fortement avec celle qu'elle avait durant tout à l'heure précédant le coup de téléphone.
Etait-ce parce qu'elle avait entendu les propos de Gabriel? Je m'interdisais quelque conclusion trop hâtive.
« - Je sais pas répondis-je à mon interlocuteur. On n'a pas finit le dossier.
A ce moment là Clarence me tapota sur le bras :
- Tu peux y aller me chuchota t'elle. Reviens dans mon bureau à 16h. Avant je suis en rendez vous avec un client et j'enchaine avec une réunion.
Elle était repassée au tutoiement. Je me demandais bien pourquoi.
- Gabriel, Clarence vient juste de me dire qu'elle me libère pour le déjeuner. Vous n'avez qu'à passer me chercher devant son bureau.
Je remarquai qu'elle avait encore changé d'expression faciale. Que s'était il passé ?
- Ok, on descend, à tout de suite. »
Je venais de comprendre, je l'avais appelée Clarence au téléphone. Elle aurait surement préféré que je dise Me Ferté.
C'est vrai que ce n'était pas très correct de ma part, surtout que quand je m'adressais à elle, je ne l'appelais jamais ainsi. D'ailleurs je m'arrangeais toujours pour ne pas avoir à l'appeler.
Deux minutes plus tard mes deux camarades frappaient à la porte.
« - Bonjour maitre, s'exclamèrent Mélodie et Gabriel.
- Bonjour leur répondit-elle
- Tu viens? me lança Gabriel
- Oui j'arrive. Je suis désolée de vous abandonner en plein travail, m'excusai-je.
- Il est 12h30, vous avez bien le droit de prendre votre pause déjeuner. Je ne vais quand même pas vous séquestrer tous les jours plaisanta t'elle.»

Elle avait repris confiance en elle, ca se sentait. J'étais contente car je ne voulais pas que nos relations se dégradent à cause de moi. Je ne souhaitais pas lui montrer qu'elle m'intéressait mais je ne voulais pas non plus qu'elle croit que j'en n'avais rien à faire car s'il y avait une chance pour qu'il se passe quelque chose entre nous, j'avais très envie de la saisir.
Il fallait que je trouve le juste équilibre entre la gêne que j'affichais à chacune de ses réflexions ambigües et ma mauvaise foi de tout à l'heure. Ca me paraissait compliqué mais il fallait bien que j'y arrive pourtant, sinon elle continuerait à me faire tourner la tête ou pire elle cesserait carrément son petit jeu et je me retrouverais au point mort.
Arrivés au self on s'installa à notre table habituelle dans le recoin isolé.
« - Qu'est ce qui t'as pris de me hurler au téléphone si je mangeais ou non avec MA BELLE ? demandai-je énervée à Gabriel tout en essayant de ne pas parler trop fort pour ne pas nous montrer en spectacle.
- Euh... quoi ?
- Fais pas l'innocent. J'étais trop mal moi.
- J'ai pas hurlé d'abord.
Mélodie ne disait rien. Elle ne prenait pas la défense de son petit copain donc on compris lui et moi qu'elle était de mon avis mais qu'elle l'osait se mettre en nous.
- Bon ok les filles, j'ai loosé, désolé.
- Désolé? grondai-je. Tu crois que ca suffit.
- Tu veux que je fasse quoi?
- Rien ! pffffff
- Elle t'a fait une réflexion ? me questionna Mélodie.
- Non, mais elle a sourit.
- C'est vrai? s'exclama Gabriel
- Ben ouais puisque je te le dis répliquai-je. Je commençais à me calmer.
- Mais c'est génial ça.
Il avait la banane.
- Après je suis pas sûre que c'était pour ca.
- Comment ça t'es pas sûre ? Tu crois vraiment qu'elle souriait en lisant le cas de son client qui a tué sa femme et ses quatre enfants en leur tranchant la gorge ?
- Il a raison Coralie, coupa Mélodie qui prenait part pour la première fois à la conversation.
- Ouais c'est vrai que présenté comme ça, ca rend la chose plus évidente. Elle a donc sourit à cause de ce que tu as dit.
- Alors là vraiment, si t'as encore des doutes sur le fait qu'elle s'intéresse à toi c'est que tu portes des ½illères ma petite Coco s'exclama Mélodie.
- Tu peux même me remercier ajouta Gabriel. Grâce à moi, on est fixé.
- La ramène pas trop lui lançai-je le sourire aux lèvres.
- Tu me pardonnes ? me demanda t'il avec sa tête de Potté
- Je sais pas plaisantai-je.
- Ben ça te dit que je t'offre un verre après le taf ?
- D'accord mais je resterais pas trop longtemps car il faut que je sois en forme demain.
- Tu fais quoi demain ?
- Ben euh, je bosse hésitai-je comme si j'allais dire une bêtise.
- Tu cumules les emplois toi ? ben dis donc, t'es une super woman !
- ...
- On est vendredi ma poulette, toi t'es complètement à la masse se moqua t'il. »
Lui et Mélodie ne cessèrent de me taquiner durant tout le repas. Et cela dura aussi tout l'après midi jusqu'à mon rendez-vous avec Clarence.
Je finis par leur avouer qu'elle me plaisait beaucoup, ce qu'ils avaient compris depuis bien longtemps mais le fait de m'exprimer, de me confier me faisait du bien. D'ailleurs ils me remerciaient de la confiance que je leur portais. C'était bien normal et en plus ils me permettaient d'y voir plus clair et de me donnaient des conseils.
- Cet aprèm tu la joues neutre, ok ? me recommanda Gabriel.
- Je sais pas trop comment je vais m'y prendre mais je vais faire de mon mieux, je te promets. Tu seras fière de moi papa plaisantai-je.
- Allé, file ma fille. »

# Posté le mardi 29 juillet 2008 17:35